
Assurance Emprunteur : Le Guide Complet pour Protéger Votre Crédit
Assurance emprunteur : garanties, tarifs, loi Lemoine, délégation et économies. Comparez, changez à tout moment et économisez jusqu'à 25 000 € sur votre crédit.
L'assurance emprunteur est le contrat qui rembourse votre crédit immobilier à la banque en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail. Elle représente entre 25 % et 40 % du coût total d'un crédit sur 20 ans, soit souvent davantage que les frais de notaire. Pourtant, depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, vous pouvez la résilier à tout moment et la remplacer par un contrat moins cher : l'économie atteint couramment 12 000 € à 25 000 € sur la durée du prêt pour un emprunt de 200 000 € (baromètres marché, premier trimestre 2026).
Comprendre les cinq garanties, savoir lire le TAEA et exploiter votre droit de substitution change radicalement la facture finale. Ce guide de l'assurance emprunteur détaille le fonctionnement de l'assurance de prêt, les garanties à souscrire, la différence entre bancassurance et délégation, la quotité pour les couples, et les solutions pour les profils spécifiques (seniors, risques aggravés de santé, expatriés).
À retenir :
- La loi Lemoine (loi n° 2022-270 du 28 février 2022) autorise la résiliation de l'assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni préavis, depuis le 1er septembre 2022 pour tous les contrats en cours.
- Le questionnaire de santé est supprimé si l'encours assuré est inférieur ou égal à 200 000 € par personne et si le prêt est remboursé avant le 60e anniversaire (Code des assurances, art. L. 113-2-1).
- Le droit à l'oubli est passé de 10 à 5 ans après la fin du protocole thérapeutique pour le cancer et l'hépatite C, sous réserve d'une échéance avant le 71e anniversaire (convention AERAS).
- La délégation d'assurance affiche un TAEA de 0,07 % à 0,18 % selon l'âge, contre 0,30 % à 0,50 % pour un contrat groupe bancaire à garanties équivalentes.
- En octobre 2025, la DGCCRF a sanctionné quatre banques (jusqu'à 323 518 € d'amende) pour non-respect du délai légal de 10 jours ouvrés de réponse à une demande de substitution.
Qu'est-ce que l'assurance emprunteur et pourquoi est-elle exigée
L'assurance emprunteur, aussi appelée assurance de prêt immobilier, est un contrat qui garantit le remboursement du capital restant dû à la banque lorsqu'un événement grave touche l'emprunteur : décès, invalidité ou incapacité de travail. Selon les garanties souscrites, l'assureur prend en charge tout ou partie des mensualités, ou solde directement le crédit.
Légalement, aucun texte n'impose cette couverture pour un crédit immobilier. En pratique, toutes les banques l'exigent comme condition d'octroi du prêt. Sur un emprunt de 20 ou 25 ans, la probabilité qu'un accident de la vie survienne n'est pas négligeable, et l'assurance protège autant la banque que la famille de l'emprunteur. La seule alternative consiste à garantir le prêt autrement, par exemple par le nantissement (mise en gage d'un placement financier au profit de la banque) d'un contrat d'assurance vie ou d'un portefeuille titres, une option réservée aux patrimoines disposant d'un capital mobilisable.
Un poids majeur dans le coût du crédit
L'assurance emprunteur pèse entre 25 % et 40 % du coût total d'un crédit immobilier sur 20 ans (baromètres courtiers, 2026). Cette part a mécaniquement augmenté avec la baisse des taux d'intérêt des années précédentes : plus le taux du crédit est faible, plus la part relative de l'assurance dans le coût global grimpe. En mai 2026, les taux moyens de crédit immobilier s'établissaient à 3,27 % sur 15 ans, 3,42 % sur 20 ans et 3,50 % sur 25 ans (baromètres MoneyVox et CAFPI, mai 2026), ce qui maintient l'assurance au rang de deuxième poste de dépense d'un financement, juste derrière les intérêts.
Un marché dominé par les banques
Le marché de l'assurance emprunteur pèse environ 7,6 milliards d'euros de cotisations annuelles. Ce marché reste largement contrôlé par les banques : la part de marché des contrats alternatifs externes (délégation) atteignait 16,1 % à fin mai 2023, contre 15,3 % fin 2021, selon le CCSF (Comité consultatif du secteur financier, bilan publié en janvier 2024). Autrement dit, plus de huit contrats sur dix sont encore souscrits auprès de l'établissement prêteur, alors même que les offres alternatives sont nettement moins chères à garanties équivalentes.
Cette inertie s'explique par la simplicité apparente de souscrire l'assurance au même guichet que le crédit. Le coût de cette facilité est réel : un contrat groupe bancaire revient le plus souvent 40 % à 60 % plus cher qu'une délégation pour un profil jeune et en bonne santé.
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Calculer mes économiesLes cinq garanties de l'assurance emprunteur
L'assurance emprunteur repose sur cinq garanties. Les deux premières sont systématiquement exigées ; les trois suivantes sont fortement recommandées pour une résidence principale.
| Garantie | Déclenchement | Exigée par la banque | Limite d'âge usuelle |
|---|---|---|---|
| Décès | Décès de l'assuré | Oui | 80 à 85 ans |
| PTIA | Invalidité totale + assistance d'un tiers | Oui | 65 à 70 ans |
| ITT | Arrêt de travail temporaire | Recommandée | 65 ans |
| IPT | Taux d'invalidité supérieur à 66 % | Recommandée | 65 à 70 ans |
| IPP | Taux d'invalidité entre 33 % et 66 % | Optionnelle | 65 ans |
Décès et PTIA : le socle obligatoire
La garantie Décès rembourse à la banque le capital restant dû, à hauteur de la quotité assurée (la part du prêt couverte pour cet emprunteur), au moment du décès. Elle est accessible jusqu'à 80 ou 85 ans selon les assureurs, sans délai de carence en cas d'accident. Certaines causes de décès peuvent être exclues (sports extrêmes, pathologies préexistantes) sauf rachat d'exclusion moyennant une surprime.
La PTIA (Perte Totale et Irréversible d'Autonomie) couvre l'invalidité la plus lourde : un taux d'invalidité de 100 % assorti de l'impossibilité définitive d'exercer une activité professionnelle et de la nécessité d'être assisté par une tierce personne pour au moins trois des quatre actes ordinaires de la vie (se laver, s'habiller, se nourrir, se déplacer). Comme la garantie Décès, elle solde le capital restant dû.
ITT, IPT et IPP : la protection du revenu
La garantie ITT (Incapacité Temporaire de Travail) prend en charge les mensualités pendant un arrêt de travail lié à une maladie ou un accident. L'indemnisation démarre après un délai de franchise de 90 à 180 jours selon le contrat, et la garantie est plafonnée dans le temps, en général à 1 095 jours (3 ans). Au-delà, si l'état est consolidé, le relais est pris par l'invalidité permanente.
La garantie IPT (Invalidité Permanente Totale) intervient lorsque le taux d'invalidité dépasse 66 %, rendant impossible toute activité professionnelle rémunératrice ; elle se distingue de la PTIA par l'absence de besoin d'assistance d'un tiers. La garantie IPP (Invalidité Permanente Partielle) couvre les taux d'invalidité compris entre 33 % et 66 % : la prise en charge est alors proportionnelle au taux retenu, ou totale au-delà d'un seuil contractuel. Le taux d'invalidité est évalué par le médecin-conseil de l'assureur sur la base du barème de la Sécurité sociale ou d'un barème contractuel souvent plus favorable.
Pour le détail de chaque garantie et de ses exclusions, consultez notre guide complet des garanties Décès, PTIA, ITT, IPT et IPP.
Combien coûte vraiment l'assurance emprunteur
Le coût d'une assurance emprunteur dépend du profil, des garanties et du type de contrat. Sur un prêt de 250 000 € sur 25 ans, la cotisation oscille entre 20 € et 100 € par mois, soit un écart pouvant dépasser 20 000 € sur la durée totale.
Le TAEA, indicateur de comparaison
Depuis 2015, banques et assureurs doivent communiquer le TAEA (Taux Annuel Effectif d'Assurance), qui mesure la part de l'assurance dans le coût global du crédit. Il correspond à la différence entre le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) avec assurance et le TAEG sans assurance. Plus le TAEA est élevé, plus l'assurance est chère ; il s'agit du seul indicateur réellement comparable d'une offre à l'autre.
En 2026, le TAEA d'un contrat groupe bancaire se situe entre 0,30 % et 0,50 %, contre 0,07 % à 0,18 % en délégation selon l'âge (baromètres Meilleurtaux et Magnolia, 2026). Pour un emprunteur jeune et non-fumeur de 30 ans, la délégation descend jusqu'à 0,07 % à 0,11 % du capital initial.
Taux moyens selon l'âge
| Âge | TAEA contrat groupe | TAEA délégation |
|---|---|---|
| 30 ans non-fumeur | 0,30 % à 0,36 % | 0,07 % à 0,11 % |
| 35 ans bonne santé | 0,36 % | 0,12 % à 0,18 % |
| 45 ans | 0,40 % à 0,45 % | 0,18 % à 0,25 % |
| 55 ans | 0,45 % à 0,50 % | 0,30 % à 0,40 % |
Source : baromètres Meilleurtaux, Magnolia et Askapi, premier trimestre 2026. Taux indicatifs appliqués au capital initial pour un prêt sur 20 ans.
Le taux moyen pour un couple de 35 ans en bonne santé s'établissait à 0,25 % du capital initial au premier trimestre 2026, contre 0,36 % en 2023, signe d'une concurrence qui s'intensifie sur les bons profils (baromètre Magnolia, 2026).
Les facteurs qui modulent votre tarif
Au-delà de l'âge, sept facteurs déterminent la cotisation :
- État de santé : certaines pathologies entraînent une surprime ou une exclusion ; la convention AERAS encadre les risques aggravés.
- Statut fumeur : la surprime fumeur atteint 50 % à 70 % du tarif non-fumeur ; une révision est possible après 24 mois d'arrêt complet.
- Profession : militaire, pompier, professionnel du BTP en hauteur ou manipulateur de produits dangereux subissent des surprimes, tandis que cadres et professions libérales obtiennent des tarifs préférentiels.
- Pratiques sportives : parapente, plongée, alpinisme et sports motorisés doivent être déclarés et génèrent souvent une surprime ou une exclusion.
- Montant emprunté : le risque croît avec le capital, sans proportionnalité stricte.
- Durée du prêt : un prêt sur 25 ans coûte plus cher en taux qu'un prêt sur 15 ans.
- Base de calcul : la cotisation peut être assise sur le capital initial (montant fixe) ou sur le capital restant dû (montant dégressif), ce dernier étant moins coûteux sur la durée totale.
Bancassurance ou délégation : que choisir
Depuis la loi Lagarde (loi du 1er juillet 2010), l'emprunteur peut souscrire son assurance auprès de l'assureur de son choix, distinct de la banque prêteuse : c'est la délégation d'assurance. Comprendre l'opposition entre les deux modèles est la clé de l'optimisation.
Le contrat groupe bancaire
La bancassurance repose sur un contrat groupe : la banque négocie un contrat-cadre avec un assureur, souvent une filiale du groupe, auquel l'emprunteur adhère. Ses avantages tiennent à la simplicité (un seul interlocuteur), à la rapidité d'adhésion et à une acceptation quasi automatique. Ses limites sont le coût (40 % à 60 % plus élevé qu'une délégation à garanties équivalentes), la tarification mutualisée qui fait payer les bons profils pour les profils plus risqués, et la faible personnalisation des garanties.
Le contrat individuel en délégation
La délégation consiste à souscrire un contrat individuel auprès d'un assureur externe. Elle offre des économies substantielles (jusqu'à 60 % pour un profil jeune et sain, soit 10 000 € à 15 000 € sur un prêt de 250 000 € sur 25 ans), une tarification au plus près du risque réel, des garanties sur mesure et une couverture de profils que les banques refusent (seniors jusqu'à 85 ans, sports à risque, métiers dangereux). En contrepartie, elle suppose de comparer les offres, de respecter les critères d'équivalence exigés par la banque et de gérer deux interlocuteurs.
Les critères d'équivalence du CCSF
Pour accepter une délégation, la banque exige des garanties au moins équivalentes à son contrat groupe. Le CCSF a défini une grille de critères d'équivalence, répartis entre les garanties Décès, PTIA, incapacité de travail et invalidité. La banque sélectionne un nombre limité de critères (au maximum 11) parmi cette grille, et le contrat alternatif doit les respecter intégralement. Un seul critère non satisfait autorise un refus motivé. En pratique, les courtiers spécialisés vérifient l'équivalence en amont, ce qui sécurise la démarche et porte le taux d'acceptation au-delà de 95 %.
Pour approfondir, consultez notre comparatif Bancassurance vs Délégation : quelle différence et quel choix.
La quotité d'assurance pour les couples
Lorsque deux personnes empruntent ensemble, elles doivent répartir la quotité d'assurance, c'est-à-dire la part du capital couverte pour chacune. La somme des quotités doit atteindre au moins 100 %, et peut monter jusqu'à 200 % (100 % par tête).
En quotité 50/50, chaque emprunteur est couvert à hauteur de 50 % : au décès de l'un, l'assurance solde la moitié du capital, le survivant continuant de rembourser l'autre moitié. En quotité 100/100, chacun est couvert à 100 % : au décès de l'un, le crédit est intégralement soldé et le survivant n'a plus rien à payer. La quotité 100/100 coûte 40 % à 60 % de plus que la 50/50, puisqu'elle assure 200 % du capital. Des répartitions asymétriques (70/30, 80/20) permettent d'ajuster la protection aux revenus de chacun.
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Voir le comparatifÉtude de cas : l'impact de la quotité sur un crédit de 300 000 €
Marc, 42 ans, et Julie, 40 ans, empruntent 300 000 € sur 20 ans pour leur résidence principale. Marc apporte 65 % des revenus du foyer. Voici l'arbitrage entre les deux quotités, calculé sur un TAEA de 0,28 % par tête en délégation (profil cadre non-fumeur, baromètre 2026).
Quotité 50/50. Cotisation d'environ 70 € par mois pour le couple, soit 16 800 € sur 20 ans. Au décès de Marc la première année, l'assurance rembourse 150 000 € ; Julie doit honorer seule les 150 000 € restants, soit près de 870 € de mensualité de crédit. Si elle gagne 2 500 € net, cette charge absorbe 35 % de son revenu, ce qui fragilise le maintien dans le logement.
Quotité 100/100. Cotisation d'environ 105 € par mois, soit 25 200 € sur 20 ans. Le surcoût atteint 8 400 € sur la durée (35 € par mois). Au décès de Marc, l'assurance solde l'intégralité du capital restant dû : Julie conserve le logement sans aucune mensualité de crédit et préserve son niveau de vie malgré la perte du revenu principal.
Lecture. Pour une résidence principale avec un revenu déséquilibré ou des enfants à charge, la quotité 100/100 transforme un surcoût modéré (35 € par mois ici) en sécurité décisive pour le survivant. Pour un investissement locatif avec deux revenus équivalents et des loyers couvrant les mensualités, la quotité 50/50 reste défendable. Tous les chiffres ci-dessus sont des estimations à recalculer avec votre TAEA réel : testez-les avec notre guide de la quotité d'assurance emprunteur.
La loi Lemoine : changer d'assurance à tout moment
La loi Lemoine (loi n° 2022-270 du 28 février 2022) est la plus forte avancée pour les emprunteurs depuis la loi Lagarde de 2010. Elle articule trois mesures : la résiliation à tout moment, la suppression du questionnaire de santé sous conditions, et le renforcement du droit à l'oubli.
Résiliation infra-annuelle sans frais
Avant 2022, le changement d'assurance était corseté : libre choix à la souscription (loi Lagarde, 2010), puis fenêtre d'un an (loi Hamon, 2014) et enfin date anniversaire annuelle avec préavis de deux mois (amendement Bourquin, 2018). Ces dispositifs, mal connus et contraignants, ont laissé la part de marché des contrats externes stagner autour de 15 %.
Depuis le 1er juin 2022 pour les nouveaux contrats et le 1er septembre 2022 pour tous les contrats en cours, la résiliation est possible à tout moment, sans préavis, sans frais ni pénalité. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser le nouveau contrat, et tout refus doit être motivé par l'absence d'équivalence de garanties (Code de la consommation, art. L. 313-31). L'effet a été immédiat : selon le CCSF, les demandes de changement ont bondi de 80 % entre 2021 et le premier semestre 2023, avec plus de 215 000 contrats alternatifs souscrits en 17 mois.
Des sanctions contre les banques récalcitrantes
Le délai de 10 jours est désormais sanctionné. En octobre 2025, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a infligé des amendes à quatre établissements pour non-respect de ce délai légal de réponse aux demandes de substitution : Crédit Agricole Île-de-France (323 518 €), BRED Banque Populaire (298 000 €), CIC Est (196 000 €) et Caisse d'Épargne Île-de-France (80 000 €). Ces sanctions, parmi les premières prononcées au titre de la loi Lemoine, confirment que le droit de changer d'assurance est désormais protégé activement par le régulateur.
Suppression du questionnaire de santé
Le questionnaire de santé est supprimé lorsque deux conditions cumulatives sont réunies : l'encours assuré de l'ensemble des prêts immobiliers ne dépasse pas 200 000 € par assuré (soit 400 000 € pour un couple couvert à 100 % chacun), et le remboursement intervient avant le 60e anniversaire de l'emprunteur (Code des assurances, art. L. 113-2-1). En dessous de ces seuils, l'assureur ne peut poser aucune question de santé ni exiger d'examen médical, ce qui accélère la souscription et protège les personnes présentant un antécédent médical.
Procédure de substitution étape par étape
- Comparer les offres : à l'aide d'un courtier ou d'un comparateur, en renseignant âge, montant, durée restante et critères d'équivalence exigés par la banque.
- Souscrire le nouveau contrat : l'assureur émet un certificat d'assurance et une fiche standardisée d'information (FSI). Le questionnaire de santé n'est requis que si la dispense ne s'applique pas.
- Demander la substitution : transmettre à la banque le certificat, la FSI et la demande de substitution. La banque répond sous 10 jours ouvrés.
- Activation et résiliation : dès l'accord, le nouveau contrat prend effet et la banque résilie l'ancien. Le délai total tourne autour de 3 à 4 semaines.
Pour le détail des courriers et des pièces, consultez notre guide Loi Lemoine : résilier son assurance emprunteur à tout moment.
Profils spécifiques : seniors, risques aggravés, expatriés
Tous les emprunteurs ne sont pas égaux devant l'assurance emprunteur. Trois profils méritent une attention particulière.
Seniors : emprunter après 60 ans
L'âge fait grimper les taux et restreint l'accès à certaines garanties. Les banques acceptent les nouveaux contrats jusqu'à 65 ou 70 ans, mais les assureurs alternatifs vont jusqu'à 85 ans pour la garantie Décès. La PTIA et les garanties d'incapacité ou d'invalidité ne sont plus proposées au-delà de 65 à 70 ans, leur pertinence disparaissant après la cessation d'activité. À 60 ans, le TAEA peut atteindre 0,30 % à 0,40 % en délégation. La délégation reste donc la meilleure piste pour un senior : elle offre des garanties prolongées et permet parfois de supprimer la PTIA, devenue sans objet après la retraite, pour réduire la cotisation.
Risques aggravés de santé et droit à l'oubli
Les pathologies chroniques (diabète, hypertension), les antécédents de cancer ou les maladies cardiaques peuvent entraîner surprimes, exclusions, voire refus. La convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) facilite l'accès au crédit grâce à un réexamen automatique des dossiers refusés et à une grille de référence dont le plafond a été porté à 420 000 € depuis octobre 2022.
Le droit à l'oubli constitue l'avancée la plus forte : grâce à la loi Lemoine, le délai a été ramené de 10 à 5 ans après la fin du protocole thérapeutique pour les anciens malades d'un cancer ou d'une hépatite C, en l'absence de rechute. Passé ce délai, l'ancienne pathologie n'a pas à être déclarée, sous réserve que l'échéance du prêt intervienne avant le 71e anniversaire de l'emprunteur. Comme l'indique CNP Assurances dans sa documentation officielle, « le droit à l'oubli permet de ne pas déclarer une ancienne maladie cancéreuse ou une hépatite virale C à l'issue d'un délai de cinq ans après la fin du protocole thérapeutique et en l'absence de rechute ». Le bénéfice est concret : suppression automatique des surprimes et exclusions liées à la pathologie passée.
Expatriés et non-résidents
Obtenir une assurance de prêt pour un bien situé en France lorsqu'on réside à l'étranger suppose d'emprunter auprès d'une banque domiciliée en France ou dans l'Espace économique européen, et de résider dans un pays éligible. L'assureur évalue le risque du pays de séjour (qualité du système de santé, stabilité, conventions sociales). Union européenne, Espace économique européen, collectivités d'outre-mer et Monaco sont couverts sans difficulté ; les autres zones supportent des surprimes de 20 % à 100 %, voire un refus. Les contrats bancaires français couvrant rarement les non-résidents, la délégation auprès d'un assureur spécialisé en contrats internationaux devient quasi indispensable.
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FAQ : assurance emprunteur
L'assurance emprunteur est-elle obligatoire ?
Aucune loi n'impose l'assurance emprunteur pour un crédit immobilier, mais toutes les banques l'exigent comme condition d'octroi du prêt. La seule alternative consiste à apporter une autre garantie, comme le nantissement d'un placement financier d'un montant suffisant, ce qui reste réservé aux patrimoines disposant d'un capital mobilisable.
Combien peut-on économiser en changeant d'assurance emprunteur ?
Pour un emprunt de 200 000 €, le passage d'un contrat groupe bancaire à une délégation génère couramment 12 000 € à 25 000 € d'économie sur 20 ans (baromètres marché, 2026). L'écart dépend de l'âge, de l'état de santé et du TAEA d'origine : plus le profil est jeune et sain, plus le gain est important.
Quand puis-je résilier mon assurance emprunteur ?
Depuis le 1er septembre 2022, la loi Lemoine autorise la résiliation à tout moment, sans préavis ni frais, pour tous les contrats en cours. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter le nouveau contrat dès lors qu'il offre des garanties équivalentes, et tout refus doit être motivé par écrit.
Le questionnaire de santé est-il toujours obligatoire ?
Non. Le questionnaire de santé est supprimé si l'encours assuré ne dépasse pas 200 000 € par personne (400 000 € pour un couple couvert à 100 % chacun) et si le prêt est remboursé avant le 60e anniversaire de l'emprunteur. Au-delà de ces seuils, l'assureur peut de nouveau poser des questions de santé.
Qu'est-ce que le droit à l'oubli ?
Le droit à l'oubli permet de ne pas déclarer un ancien cancer ou une ancienne hépatite C cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, en l'absence de rechute. Il s'applique sous réserve que l'échéance du prêt intervienne avant le 71e anniversaire. Les surprimes et exclusions liées à la pathologie passée sont alors automatiquement supprimées.
Quelle quotité choisir en couple ?
Pour une résidence principale avec des revenus déséquilibrés ou des enfants à charge, la quotité 100/100 sécurise le survivant en soldant l'intégralité du crédit en cas de décès, pour un surcoût modéré. Pour un investissement locatif avec deux revenus équivalents, la quotité 50/50 peut suffire si les loyers couvrent les mensualités restantes.
Comment comparer deux offres d'assurance emprunteur ?
Comparez le TAEA (Taux Annuel Effectif d'Assurance), seul indicateur standardisé. Un TAEA de 0,10 % à 0,15 % est excellent, 0,25 % reste acceptable, au-delà de 0,35 % le contrat est probablement trop cher. Vérifiez ensuite l'équivalence des garanties, les délais de franchise et les exclusions avant de trancher.
Conclusion
L'assurance emprunteur protège votre famille et votre crédit, mais elle représente 25 % à 40 % du coût total de votre prêt. Maîtriser les cinq garanties de l'assurance emprunteur, lire le TAEA et exploiter la loi Lemoine sont les trois leviers qui font la différence sur la facture finale.
Retenez l'essentiel : Décès et PTIA forment le socle obligatoire, ITT, IPT et IPP protègent votre revenu ; la délégation est souvent 40 % à 60 % moins chère que le contrat groupe ; la résiliation est libre à tout moment depuis septembre 2022 ; et le régulateur sanctionne désormais les banques qui freinent la substitution. Comparez votre TAEA, vérifiez l'équivalence des garanties, et changez sans attendre la prochaine date anniversaire : ce réflexe vaut souvent plus de 15 000 € sur la durée d'un crédit.
À lire également :
- Comment économiser sur son assurance emprunteur : toutes les stratégies
- Délégation d'assurance emprunteur : économiser jusqu'à 15 000 €
- Les garanties de l'assurance emprunteur : Décès, PTIA, ITT, IPT, IPP
- Comment fonctionne l'assurance de prêt immobilier
Sources :
- Service-Public : obtenir un contrat d'assurance emprunteur : conditions de suppression du questionnaire de santé (seuil 200 000 €, âge 60 ans)
- Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (loi Lemoine), Légifrance : résiliation infra-annuelle et droit à l'oubli
- CCSF, bilan de la loi Lemoine, Banque de France (janvier 2024) : part de marché des contrats externes, hausse des demandes de changement
- economie.gouv.fr : convention AERAS et risque aggravé de santé : droit à l'oubli, grille de référence, plafond 420 000 €
- DGCCRF, sanctions assurance emprunteur (octobre 2025), via Magnolia : montants des amendes par banque
- MoneyVox : taux de crédit immobilier en mai 2026 : taux moyens sur 15, 20 et 25 ans
- Meilleurtaux : taux de l'assurance de prêt 2026 : TAEA contrat groupe et délégation par âge
- CNP Assurances : le droit à l'oubli en assurance emprunteur : définition du droit à l'oubli
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