Assurance emprunteur

Loi Lemoine : Résilier Son Assurance Emprunteur à Tout Moment

Loi Lemoine : résiliez votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais. Conditions, démarches et économies jusqu'à 15 000 €. Le guide complet.

17 février 202622 min de lectureMis à jour le 30 mai 2026

La loi Lemoine (loi n° 2022-270 du 28 février 2022) autorise tout emprunteur à résilier et changer son assurance de prêt immobilier à tout moment, sans frais, sans pénalité et sans préavis. Le droit de résiliation à tout moment s'applique depuis le 1er juin 2022 pour les nouvelles offres de prêt et depuis le 1er septembre 2022 pour tous les contrats en cours. Fini les fenêtres de résiliation annuelles et les justifications complexes : vous reprenez la main sur un poste qui pèse jusqu'à un tiers du coût total de votre crédit.

L'enjeu financier est considérable. Selon le baromètre APRIL 2025, 92 % des emprunteurs ayant changé d'assurance ont réalisé des économies, dont 43 % au-delà de 5 000 € et 15 % au-delà de 10 000 € sur la durée du prêt. Pourtant, seuls 17 % des Français ont effectivement changé d'assurance en 2024, et 27 % seulement connaissent la loi Lemoine en 2025 (baromètre APRIL). Ce guide détaille les trois mesures de la loi, les économies réalisables selon votre profil et la procédure complète, étape par étape.

À retenir :

  • La loi Lemoine (loi du 28 février 2022) permet la résiliation de l'assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni préavis, depuis le 1er juin 2022 pour les nouveaux prêts et le 1er septembre 2022 pour les contrats en cours.
  • Le questionnaire de santé est supprimé si la part assurée est inférieure à 200 000 € par personne et si le prêt se rembourse avant le 60e anniversaire de l'assuré.
  • 92 % des emprunteurs ayant changé d'assurance ont économisé, dont 15 % plus de 10 000 € (baromètre APRIL 2025).
  • La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser une délégation respectant l'équivalence de garanties définie par le CCSF.
  • En septembre et octobre 2025, la DGCCRF a sanctionné quatre banques pour près de 900 000 € au total, pour non-respect du délai de 10 jours (DGCCRF, 2025).

Les trois mesures de la loi Lemoine

Résiliation à tout moment, sans frais ni préavis

La mesure centrale de la loi Lemoine supprime toutes les contraintes temporelles qui bridaient le droit de changer d'assurance emprunteur. Avant 2022, vous ne pouviez résilier que pendant les douze premiers mois du contrat (loi Hamon, en vigueur depuis 2014) ou dans une fenêtre de deux mois précédant la date anniversaire (amendement Bourquin, applicable depuis 2018). Rater cette échéance imposait d'attendre une année entière.

Depuis le 1er juin 2022 pour les offres de prêt nouvellement émises, et depuis le 1er septembre 2022 pour l'ensemble des contrats déjà en cours, la résiliation infra-annuelle (le droit de mettre fin à son contrat n'importe quel jour de l'année) est devenue la règle. Aucun préavis n'est exigé. Aucun frais de résiliation ne peut être facturé par votre assureur ou votre banque. Ce droit est inscrit à l'article L313-30 du Code de la consommation, qui encadre la substitution d'assurance emprunteur.

La procédure est simplifiée : vous souscrivez un nouveau contrat respectant l'équivalence de garanties, vous le présentez à votre banque et vous demandez la substitution de l'ancien. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser. En cas d'acceptation, l'ancienne assurance est automatiquement résiliée à la date d'effet de la nouvelle, sans période de double cotisation.

Cette liberté change le rapport de force entre emprunteurs et assureurs. Avant la loi Lemoine, vous restiez captif d'un contrat groupe pour la durée du prêt. Les banques détiennent encore plus de 85 % du marché de l'assurance emprunteur (baromètre APRIL 2025), avec des tarifs souvent 50 % à 70 % plus élevés que les offres individuelles externes. La résiliation à tout moment permet de capter immédiatement cet écart, sans attendre une hypothétique date anniversaire.

Suppression du questionnaire de santé sous conditions

La deuxième mesure de la loi Lemoine supprime l'obligation de remplir un questionnaire médical (déclaration détaillée de l'état de santé de l'emprunteur) pour les profils répondant à trois conditions cumulatives, depuis le 1er juin 2022.

Première condition : le prêt finance un bien immobilier à usage d'habitation ou à usage mixte, habitation et professionnel. Les prêts purement professionnels restent exclus de la dispense.

Deuxième condition : la part assurée par personne doit être inférieure à 200 000 €. Pour un couple empruntant 350 000 € avec une quotité de 50 % sur chaque tête, chacun assure 175 000 € : la condition est remplie et aucun questionnaire n'est exigé. Pour un emprunt de 450 000 € avec la même répartition, chacun assure 225 000 € : le questionnaire redevient obligatoire. Le plafond atteint donc 400 000 € pour un couple assuré à parts égales.

Troisième condition : le crédit doit être intégralement remboursé avant le 60e anniversaire de l'assuré. Un emprunteur de 55 ans souscrivant un prêt sur 10 ans serait couvert jusqu'à 65 ans : il dépasse la limite et doit remplir un questionnaire. Un emprunteur de 45 ans empruntant sur 14 ans est couvert jusqu'à 59 ans : il en est dispensé.

Ces trois conditions sont cumulatives : il suffit qu'une seule ne soit pas remplie pour que le questionnaire redevienne obligatoire. La dispense facilite considérablement l'accès au crédit des personnes ayant ou ayant eu des problèmes de santé. Avant la loi Lemoine, une déclaration de maladie entraînait souvent une surprime (majoration de cotisation liée à un risque aggravé), une exclusion de garantie ou un refus. Sous le seuil de 200 000 € par personne, l'état de santé n'a désormais plus aucune incidence sur les conditions d'assurance.

Obligation d'information annuelle des assurés

La troisième mesure de la loi Lemoine impose aux banques et aux assureurs d'informer chaque année leurs clients de leur droit de résilier à tout moment. Cette obligation vise à corriger l'asymétrie d'information qui profitait aux établissements.

Avant 2022, beaucoup d'emprunteurs ignoraient totalement leur droit de changer d'assurance, ou croyaient à tort qu'il fallait l'accord de la banque. Les établissements n'avaient aucun intérêt à communiquer, chaque substitution leur faisant perdre une commission. L'efficacité de cette mesure reste limitée : selon le baromètre APRIL 2025, 54 % des emprunteurs déclarent n'avoir jamais reçu cette information.

L'information doit désormais être transmise une fois par an, sur support durable, accompagnée du coût de l'assurance sur les douze derniers mois et du TAEA (Taux Annuel Effectif de l'Assurance, qui exprime le poids de l'assurance dans le coût global du crédit). Cette transparence permet de mesurer précisément ce que coûte l'assurance et d'évaluer l'opportunité d'un changement. Les établissements qui ne respectent pas cette obligation s'exposent à des sanctions administratives.

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L'impact concret : économies et bénéfices chiffrés

92 % des emprunteurs qui changent réalisent des économies

Le baromètre APRIL 2025 sur l'assurance emprunteur établit que, parmi les emprunteurs ayant changé d'assurance grâce à la loi Lemoine, 92 % ont réalisé des économies. Le changement n'est donc pas un pari : c'est une quasi-certitude de gain.

La répartition des montants est parlante : 43 % des changeurs ont économisé plus de 5 000 € sur la durée du prêt, et 15 % ont dépassé 10 000 €. Le taux de satisfaction de ceux qui ont franchi le pas atteint 96 % (baromètre APRIL, 2024). Ces économies tiennent à l'écart structurel entre l'assurance groupe bancaire et le contrat individuel.

L'assurance groupe mutualise le risque entre tous les emprunteurs d'une banque : les jeunes en bonne santé subventionnent les profils plus âgés ou aggravés. La délégation d'assurance (souscription d'un contrat individuel auprès d'un assureur externe) tarifie au contraire selon le risque réel de chaque personne.

Un emprunteur de 30 ans, non-fumeur, exerçant une profession sans risque, peut obtenir un taux d'assurance de 0,09 % du capital emprunté en délégation, contre 0,30 % à 0,40 % en bancassurance. Sur un prêt de 250 000 € sur 25 ans, cet écart représente 12 000 € à 15 000 € d'économie. Pour estimer votre gain potentiel en quelques minutes, le simulateur French Vest compare votre tarif actuel avec les offres déléguées du marché.

Même les profils moins favorables y gagnent. Un couple de 45 ans finançant un investissement locatif obtient un tarif de délégation environ 40 % inférieur à la bancassurance, soit plusieurs milliers d'euros, qui sont en outre déductibles des revenus fonciers.

Trois profils, trois niveaux d'économies

Profil Montant et durée Coût bancassurance Coût délégation Économie
Léa, 28 ans, primo-accédant 200 000 € sur 25 ans 0,32 % soit 16 000 € 0,09 % soit 2 700 € 13 300 €
Marc et Julie, 42 ans, locatif 300 000 € sur 20 ans 0,56 % soit 24 000 € 0,28 % soit 12 000 € 12 000 € + 5 600 € fiscal
Bernard, 58 ans, résidence secondaire 150 000 € sur 12 ans 0,58 % soit 10 440 € 0,38 % soit 6 840 € 3 600 €

Profil 1 : jeune primo-accédant. Léa, 28 ans, achète sa résidence principale pour 200 000 € sur 25 ans. Son assurance groupe bancaire, à 0,32 % du capital initial, lui coûte 53 € par mois, soit 16 000 € au total. En délégation à 0,09 % sur capital restant dû, sa cotisation tombe à 15 € par mois et décroît au fil du remboursement, pour un coût total de 2 700 €. Économie : 13 300 €, soit presque une année de mensualités.

Profil 2 : couple investisseur locatif. Marc et Julie, 42 ans, financent un appartement locatif de 300 000 € sur 20 ans avec une quotité de 100 % sur chaque tête. Leur bancassurance, à 0,56 %, coûte 336 € par mois, soit 24 000 € au total. Une délégation à 0,28 % ramène le coût à 168 € par mois, environ 12 000 € sur la durée. Bonus fiscal : s'agissant d'un investissement locatif, ces cotisations sont déductibles des revenus fonciers, générant une économie fiscale supplémentaire de 5 600 € (TMI de 30 % et prélèvements sociaux de 17,2 %). Économie totale : 17 600 €.

Profil 3 : emprunteur senior. Bernard, 58 ans, emprunte 150 000 € sur 12 ans pour une résidence secondaire. Son assurance groupe, à 0,58 % avec cessation de la garantie PTIA à 65 ans, coûte 72,50 € par mois, soit 10 440 €. Un assureur externe spécialisé seniors propose 0,38 % sur capital restant dû avec maintien de la PTIA (Perte Totale et Irréversible d'Autonomie) jusqu'à 70 ans. Coût : environ 6 840 €. Économie : 3 600 €, assortie d'une meilleure couverture.

Une réforme encore largement sous-exploitée

Quatre ans après l'entrée en vigueur de la loi Lemoine, le recours reste faible. Seuls 17 % des Français ont changé d'assurance en 2024, et la connaissance de la loi recule : 27 % des Français connaissent la loi Lemoine en 2025, contre 30 % un an plus tôt (baromètre APRIL 2025). La dynamique s'essouffle aussi côté professionnels : 24 % d'entre eux constataient une hausse des résiliations en 2024, contre 57 % en 2023.

Les pratiques bancaires expliquent une part de ce blocage. Dans près de 38 % des cas, la banque dépasse le délai légal de 10 jours pour répondre, et dans un cas sur cinq le délai franchit les 20 jours, jusqu'à atteindre deux mois (baromètre APRIL 2025). Face à ces entraves, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a durci sa réponse.

En septembre et octobre 2025, la DGCCRF a sanctionné quatre établissements pour non-respect du délai de 10 jours : Crédit Agricole Paris Île-de-France (323 518 €), Bred Banque Populaire (298 000 €), CIC Est (196 000 €) et Caisse d'Épargne Île-de-France (80 000 €), soit près de 900 000 € au total. Ces banques ont également dû afficher leur sanction sur leur site internet. Ce signal réglementaire renforce la position de l'emprunteur qui se heurte à un refus dilatoire.

Comment profiter de la loi Lemoine, étape par étape

Étape 1 : vérifier votre éligibilité et chiffrer vos économies

Tous les prêts immobiliers sont concernés par la loi Lemoine, souscrits avant ou après son entrée en vigueur. Un crédit en cours peut être assuré différemment immédiatement ; un nouveau prêt peut intégrer dès le départ une assurance externe.

Pour estimer le gain, rassemblez le capital restant dû, la durée restante, votre âge, le taux actuel de votre assurance (indiqué sur votre tableau d'amortissement ou vos relevés) et votre statut fumeur ou non-fumeur. Un comparateur en ligne ou un courtier calcule alors l'écart entre votre tarif et le marché. Le simulateur d'assurance emprunteur chiffre automatiquement l'économie réalisable sur la durée restante.

Fixez un seuil de déclenchement. Au-delà de 3 000 € d'économie sur la durée restante, le changement est clairement opportun. Entre 1 000 € et 3 000 €, la décision dépend de votre disponibilité. En dessous de 1 000 €, le jeu en vaut rarement la chandelle, sauf si le nouveau contrat améliore aussi vos garanties.

Étape 2 : comparer les offres et vérifier l'équivalence de garanties

Récupérez la FSI (Fiche Standardisée d'Information), remise par votre banque lors de la souscription du prêt. Elle liste les critères d'équivalence que votre nouveau contrat devra respecter. Sur les 18 critères d'équivalence définis par le CCSF (Comité Consultatif du Secteur Financier), la banque en retient 11 au maximum pour les garanties décès, invalidité et incapacité, auxquels s'ajoutent jusqu'à 4 critères pour la garantie perte d'emploi lorsqu'elle est exigée. Votre contrat doit couvrir chacun de ces critères : un seul critère manquant suffit à justifier un refus.

Comparez ensuite les offres de plusieurs assureurs externes. Ne vous arrêtez pas au tarif : examinez l'étendue des garanties, les exclusions, les délais de carence et de franchise. Un contrat légèrement plus cher mais couvrant les affections dorsales sans limitation de durée peut se révéler plus protecteur à long terme.

Vérifiez la solidité de l'assureur : privilégiez les organismes agréés par l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) et notés au minimum BBB par les agences spécialisées. Demandez enfin la fiche personnalisée de garanties avant de souscrire : elle doit cocher explicitement chaque critère de votre banque. Si un critère n'est pas coché, le contrat sera refusé.

Étape 3 : souscrire le nouveau contrat et constituer le dossier

Si votre prêt est inférieur à 200 000 € par personne et se rembourse avant votre 60e anniversaire, vous bénéficiez de la dispense de questionnaire médical : aucune déclaration de santé, conditions tarifaires standard. Sinon, vous remplissez un questionnaire détaillé, avec d'éventuels examens complémentaires. Renseignez-le avec sincérité : toute fausse déclaration peut entraîner la nullité du contrat en cas de sinistre.

L'assureur instruit le dossier en 5 à 10 jours pour un profil standard dispensé de questionnaire, jusqu'à 3 semaines pour un profil nécessitant un examen médical. Une fois le contrat signé, rassemblez les pièces destinées à la banque : fiche personnalisée de garanties, conditions générales, attestation d'adhésion et courrier de demande de substitution.

Étape 4 : présenter le nouveau contrat à votre banque

Transmettez le dossier complet par courrier recommandé avec accusé de réception, pour disposer d'une preuve de la date de dépôt. Le délai légal de 10 jours ouvrés court à compter de cette réception.

Dans votre courrier, indiquez que vous exercez votre droit de substitution d'assurance emprunteur au titre de l'article L313-30 du Code de la consommation, et précisez la date d'effet souhaitée, en laissant au moins 10 jours ouvrés à la banque. Joignez toutes les pièces : un dossier complet accélère le traitement et réduit le risque de refus pour vice de forme.

En cas d'acceptation, la banque établit un avenant (modification écrite du contrat de prêt) mentionnant la nouvelle assurance. L'ancienne est résiliée automatiquement à la date d'effet de la nouvelle. En cas de refus, la banque doit le motiver par écrit en précisant les critères d'équivalence non respectés. Un refus non motivé, tardif ou fondé sur des critères hors liste CCSF est abusif et peut être contesté.

Étape 5 : finaliser la résiliation et suivre vos économies

L'assureur externe émet le certificat d'adhésion définitif et vous transmet vos accès à l'espace assuré. Conservez ces documents : ils prouvent votre couverture en cas de sinistre. Votre ancienne assurance est résiliée par la banque, sans démarche de votre part. Vérifiez sur votre prochain relevé que l'ancienne cotisation a cessé et que la nouvelle a démarré.

Vos mensualités intègrent désormais le coût de la nouvelle assurance, inférieur au précédent. Calculez l'économie mensuelle, multipliez-la par le nombre de mois restants, et mesurez le gain total. La loi Lemoine n'impose aucune limite au nombre de changements : restez attentif au marché et comparez à nouveau tous les deux ou trois ans.

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Les pièges à éviter

Croire que la banque doit donner son accord

L'erreur la plus répandue à propos de la loi Lemoine consiste à penser que la banque détient un droit de veto. Elle n'a pas à donner son accord : elle vérifie seulement que le nouveau contrat respecte l'équivalence de garanties définie dans la FSI. Si l'équivalence est respectée, l'acceptation est obligatoire.

La banque ne peut refuser une délégation au motif qu'elle perdrait sa commission, que l'assureur lui est inconnu ou que le changement complique sa gestion. Ces motifs sont illégaux. Face à un refus manifestement abusif, vous disposez de recours : relance amiable, saisine du médiateur bancaire, puis action en justice. Les sanctions DGCCRF de 2025 montrent que les autorités contrôlent désormais activement ces pratiques.

Négliger l'équivalence de garanties

L'erreur inverse consiste à foncer sur l'offre la moins chère sans vérifier qu'elle couvre tous les critères de la banque. Dix critères sur onze respectés ne suffisent pas : un seul manquant justifie le refus.

Certains critères sont délicats. La couverture mondiale du décès et de la PTIA est souvent exigée mais absente des contrats limitant la couverture à l'Europe. La prise en charge des MNO (maladies non objectivables, comme les affections dorsales ou psychiatriques sans cause médicale mesurable) fait l'objet de restrictions dans les contrats basiques. Demandez systématiquement la fiche personnalisée de garanties avant de souscrire et faites cocher chaque critère.

Oublier le délai de 10 jours ouvrés

Certains emprunteurs fixent une date d'effet immédiate puis présentent le contrat le lendemain, en espérant une validation instantanée. La banque dispose de 10 jours ouvrés, hors week-ends et jours fériés, pour répondre. Un dossier transmis le lundi 5 février peut n'obtenir réponse que le vendredi 16 février.

Prévoyez donc une date d'effet postérieure d'au moins quinze jours à la transmission du dossier. Une marge trop courte expose à un chevauchement de cotisations ou, pire, à une rupture de couverture si l'ancien contrat est résilié avant la validation du nouveau.

Se fier aux promesses verbales du conseiller

Contrarié par la perte de commission, un conseiller peut employer des arguments dissuasifs : le changement compliquerait votre dossier, la banque pourrait revoir les conditions du prêt, vos projets futurs seraient retardés. Ces affirmations sont infondées. La loi interdit à la banque de modifier le taux, la durée ou les mensualités du prêt en réaction à un changement d'assurance.

Ne vous fiez jamais à une promesse ou à une menace verbale : exigez une confirmation écrite citant les textes légaux. Dans la quasi-totalité des cas, le conseiller refusera de mettre par écrit une affirmation infondée. S'il le fait, vous disposerez d'une preuve de pratique commerciale déloyale opposable à la banque et signalable à l'ACPR.

FAQ : loi Lemoine et résiliation de l'assurance emprunteur

À partir de quand peut-on résilier son assurance emprunteur grâce à la loi Lemoine ?

Le droit de résiliation à tout moment s'applique depuis le 1er juin 2022 pour les offres de prêt nouvellement émises, et depuis le 1er septembre 2022 pour tous les contrats d'assurance déjà en cours. Quelle que soit la date de souscription de votre prêt, vous pouvez aujourd'hui changer d'assurance n'importe quel jour de l'année, sans frais ni préavis.

Qui peut bénéficier de la suppression du questionnaire de santé ?

La dispense de questionnaire médical prévue par la loi Lemoine s'applique si la part assurée est inférieure à 200 000 € par personne, soit 400 000 € pour un couple assuré à parts égales, et si le prêt est remboursé avant le 60e anniversaire de l'assuré. Le bien doit être à usage d'habitation ou mixte. Ces trois conditions sont cumulatives : une seule non remplie rend le questionnaire à nouveau obligatoire.

Combien peut-on économiser en changeant d'assurance emprunteur ?

Selon le baromètre APRIL 2025, 92 % des emprunteurs ayant changé d'assurance ont économisé, dont 43 % plus de 5 000 € et 15 % plus de 10 000 € sur la durée du prêt. L'écart vient du tarif individuel, calculé sur votre risque réel, par rapport à l'assurance groupe bancaire, souvent 50 % à 70 % plus chère.

La banque peut-elle refuser mon changement d'assurance ?

La loi Lemoine n'accorde aucun droit de veto à la banque. Celle-ci ne peut refuser que si le nouveau contrat ne respecte pas l'équivalence de garanties qu'elle a définie dans la FSI, parmi les 18 critères du CCSF. Tout refus doit être motivé par écrit. Un refus non motivé, tardif ou fondé sur des critères hors liste est abusif. En septembre et octobre 2025, la DGCCRF a sanctionné quatre banques pour près de 900 000 € au titre de ces manquements.

Combien de temps la banque a-t-elle pour répondre ?

La loi Lemoine accorde à la banque 10 jours ouvrés à compter de la réception d'un dossier complet pour accepter ou refuser la délégation. En cas d'acceptation, elle établit un avenant et l'ancienne assurance est résiliée à la date d'effet de la nouvelle. Dans la pratique, près de 38 % des demandes dépassent ce délai (baromètre APRIL 2025), ce qui justifie un suivi rigoureux.

Peut-on changer plusieurs fois d'assurance emprunteur ?

Oui. La loi Lemoine n'impose aucune limite au nombre de changements. Vous pouvez résilier et souscrire un nouveau contrat à chaque fois qu'une offre plus avantageuse apparaît. Comparer le marché tous les deux ou trois ans permet de maintenir le coût de l'assurance au plus bas sur toute la durée du prêt.

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Comment French Vest vous accompagne

La loi Lemoine ouvre une fenêtre d'économies de plusieurs milliers d'euros, mais le passage de la théorie à la pratique décourage encore une majorité d'emprunteurs. French Vest prend en charge l'intégralité de la démarche pour transformer ce droit en gain concret.

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Conclusion

La loi Lemoine constitue la réforme la plus importante de l'assurance emprunteur depuis l'ouverture à la concurrence de 2010. Les points essentiels :

  • Résiliation à tout moment, sans frais ni préavis, depuis le 1er juin 2022 pour les nouveaux prêts et le 1er septembre 2022 pour les contrats en cours.
  • Suppression du questionnaire de santé pour les prêts sous 200 000 € par personne se terminant avant 60 ans.
  • Information annuelle obligatoire sur le droit de résiliation et le coût de l'assurance.
  • 92 % des emprunteurs qui changent réalisent des économies, jusqu'à plus de 10 000 € pour 15 % d'entre eux.

Quatre ans après son entrée en vigueur, la loi Lemoine reste sous-exploitée : 17 % seulement des Français ont changé d'assurance en 2024, alors que les économies dépassent fréquemment 10 000 €. Les sanctions DGCCRF de 2025 confirment que l'exercice de ce droit est désormais protégé. Avec un accompagnement expert, le changement ne demande que quelques minutes pour des milliers d'euros d'économies. Comparez votre assurance dès aujourd'hui avec le simulateur French Vest et reprenez la main sur le coût de votre crédit.


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