
SCPI en démembrement : guide complet
SCPI en démembrement : décotes 2026, clés de répartition, zéro impôt et zéro IFI en nue-propriété, remembrement non taxé. Guide complet avec exemples chiffrés.
La SCPI en démembrement (Société Civile de Placement Immobilier dont la propriété est temporairement scindée) compte parmi les stratégies patrimoniales les plus efficaces pour constituer un capital sans aucune imposition pendant la durée de détention. Acheter la nue-propriété de parts de SCPI, c'est renoncer à percevoir les revenus pendant une période fixée à l'avance, en échange d'une décote à l'achat (de 21 % à 35 % sur dix ans selon la SCPI) et d'un remembrement en pleine propriété totalement exonéré d'impôt grâce à l'article 1133 du Code général des impôts. Ce guide détaille le mécanisme, les clés de répartition observées sur le marché en 2026, les profils d'investisseurs concernés et des exemples chiffrés vérifiables.
À retenir :
- En nue-propriété de SCPI, le nu-propriétaire ne perçoit aucun revenu pendant la durée du démembrement : aucun impôt sur le revenu et aucun prélèvement social (taux à 17,2 % en 2026) ne s'appliquent.
- L'article 968 du Code général des impôts exclut les parts détenues en nue-propriété de l'assiette de l'Impôt sur la Fortune Immobilière (seuil de 1,3 million d'euros de patrimoine immobilier net en 2026).
- L'article 1133 du Code général des impôts rend le remembrement, c'est-à-dire la réunion de l'usufruit à la nue-propriété au terme prévu, totalement non imposable.
- Sur dix ans, les décotes constatées atteignent 33 % pour la SCPI Comète, 34,5 % pour Iroko Zen et 36 % pour NCap Régions (ex-Vendôme Régions), selon les clés publiées par les sociétés de gestion en 2026.
- La nue-propriété convient aux contribuables à tranche marginale de 41 % ou 45 % sans besoin de revenus immédiats, pas aux investisseurs recherchant un complément de revenu à court terme.
Principe du démembrement appliqué aux SCPI
Le démembrement de propriété est un mécanisme juridique qui scinde la pleine propriété en deux droits distincts : la nue-propriété et l'usufruit. Il est régi par les articles 578 à 624 du Code civil.
La nue-propriété est le droit de devenir propriétaire final du bien sans en percevoir les fruits. Le nu-propriétaire ne reçoit aucun revenu pendant la durée du démembrement, mais il détient la substance patrimoniale des parts.
L'usufruit est le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les fruits. Dans le cadre des SCPI, l'usufruitier encaisse l'intégralité des dividendes distribués par la société de gestion pendant toute la durée du démembrement.
Le démembrement temporaire des parts de SCPI fonctionne selon un calendrier fixé à la souscription. La durée est arrêtée contractuellement : 3, 5, 7, 10, 15 ou 20 ans selon les SCPI et les offres disponibles. Elle ne peut plus être modifiée ensuite. À l'échéance, le remembrement s'opère automatiquement : le nu-propriétaire devient plein propriétaire de ses parts, sans acte supplémentaire et sans fiscalité.
Pourquoi deux parties achètent-elles des droits différents ?
L'investisseur qui acquiert la nue-propriété accepte de ne percevoir aucun revenu pendant la durée. Il paie donc moins cher que la pleine propriété : la décote reflète exactement le flux de revenus auquel il renonce.
L'investisseur qui achète l'usufruit, souvent une personne morale, une entreprise ou une structure soumise à l'impôt sur les sociétés cherchant des revenus à court terme, paie la valeur du seul droit à percevoir les loyers pendant la période. Il ne conserve aucun droit sur les parts à l'issue du démembrement.
Les effets fiscaux de cette opération au moment du remembrement sont encadrés par l'article 1133 du CGI (Code général des impôts) et confirmés par la doctrine administrative publiée au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP).
Pour comprendre tous les avantages patrimoniaux de cette approche, consultez notre article SCPI en nue-propriété : stratégie patrimoniale.
Clés de répartition nue-propriété et usufruit selon la durée
La clé de répartition détermine combien vous payez pour la nue-propriété (et combien paie l'usufruitier) en fonction de la durée du démembrement. Elle exprime le partage de la valeur de pleine propriété entre les deux droits.
Ces clés sont fixées par chaque société de gestion de portefeuille (SGP) et varient d'une SCPI à l'autre, mais les fourchettes observées sur le marché en 2026 restent relativement stables. Le tableau ci-dessous synthétise les valeurs constatées.
| Durée du démembrement | Part nue-propriété | Part usufruit | Décote pour le nu-propriétaire |
|---|---|---|---|
| 3 ans | 86 % à 87 % | 13 % à 14 % | 13 % à 14 % |
| 5 ans | 78 % à 81 % | 19 % à 22 % | 19 % à 22 % |
| 7 ans | 72 % à 74 % | 26 % à 28 % | 26 % à 28 % |
| 10 ans | 65 % à 68 % | 32 % à 35 % | 32 % à 35 % |
| 15 ans | 58 % à 61 % | 39 % à 42 % | 39 % à 42 % |
| 20 ans | 54 % à 56 % | 44 % à 46 % | 44 % à 46 % |
Source : clés de répartition publiées par les sociétés de gestion, fourchettes de marché constatées au premier trimestre 2026.
Concrètement, pour une part valant 1 000 euros en pleine propriété et un démembrement de dix ans, le nu-propriétaire paie de 650 à 680 euros, et l'usufruitier de 320 à 350 euros.
La logique derrière ces chiffres
Plus la durée est longue, plus l'usufruit vaut cher, car l'usufruitier capte les revenus pendant plus longtemps, et plus la nue-propriété est décotée. À l'inverse, sur une courte durée, la nue-propriété se rapproche de la pleine propriété puisque l'usufruitier ne capte que peu de revenus.
Ces clés sont calculées à partir d'hypothèses de rendement de la SCPI et d'un taux d'actualisation propre à chaque société de gestion. Elles évoluent si la SGP révise ses hypothèses de distribution ou son prix de part.
Décotes observées sur les principales SCPI en 2026
Les décotes dépendent du taux de distribution de chaque SCPI : plus le rendement distribué est élevé, plus l'usufruit vaut cher, et donc plus la nue-propriété est décotée. Le tableau suivant compare trois SCPI ouvertes au démembrement sur dix ans, avec leurs prix de part en vigueur début 2026.
| SCPI (société de gestion) | Prix de part pleine propriété | Décote 10 ans | Part nue-propriété | Prix d'une part en nue-propriété |
|---|---|---|---|---|
| Comète (Alderan) | 250 € | 33 % | 67 % | 167,50 € |
| Iroko Zen (Iroko) | 204 € | 34,5 % | 65,5 % | 133,62 € |
| NCap Régions (Norma Capital) | 682 € | 36 % | 64 % | 436,48 € |
Source : sociétés de gestion Alderan, Iroko et Norma Capital, prix et clés en vigueur début 2026. NCap Régions est la nouvelle dénomination de la SCPI Vendôme Régions depuis mai 2025.
À noter : la SCPI Comète a affiché une performance globale de 9,00 % au titre de 2025 selon sa société de gestion Alderan, ce qui explique sa décote élevée sur le marché de la nue-propriété. NCap Régions, labellisée ISR (Investissement Socialement Responsable) depuis 2021, a servi un taux de distribution de 5,72 % en 2025 selon Norma Capital.
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Lancer le simulateurAvantage fiscal majeur : zéro impôt et zéro IFI en nue-propriété
C'est le cœur de l'attractivité du démembrement pour les investisseurs fortement fiscalisés. La nue-propriété de parts de SCPI cumule deux atouts fiscaux décisifs.
Zéro revenu, zéro imposition pendant la durée
Pendant toute la durée du démembrement, le nu-propriétaire ne perçoit aucun dividende. Il n'a donc aucun revenu à déclarer au titre de ses parts de SCPI. Aucune imposition sur le revenu, aucun prélèvement social. Le taux des prélèvements sociaux s'élève à 17,2 % en 2026 ; en nue-propriété, il ne s'applique pas du tout.
L'avantage est considérable pour un contribuable à tranche marginale d'imposition (TMI), c'est-à-dire le taux appliqué à la dernière tranche de ses revenus, de 41 % ou 45 %. En détention de pleine propriété, un rendement brut de 5 % subit une ponction de 58,2 % à 62,2 % par l'imposition combinée (TMI plus prélèvements sociaux à 17,2 %). En nue-propriété, cette charge disparaît intégralement. L'investisseur constitue ainsi un capital immobilier à terme sans aucune friction fiscale pendant la période.
Pour mesurer l'impact de la TMI sur la rentabilité en pleine propriété, lisez notre guide Fiscalité des SCPI : guide complet.
Nue-propriété exclue de l'assiette IFI
Les parts de SCPI détenues en pleine propriété entrent dans l'assiette de l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) pour les foyers dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d'euros au 1er janvier, selon le barème 2026 (taux de 0,5 % à 1,5 %). Les parts détenues en nue-propriété en sont, à l'inverse, totalement exclues.
L'article 968 du CGI prévoit que c'est l'usufruitier, et non le nu-propriétaire, qui est redevable de l'IFI sur la valeur en pleine propriété des biens démembrés. Le nu-propriétaire n'a donc aucune part de SCPI à déclarer à l'IFI pendant toute la durée du démembrement, quelle que soit la valeur de son portefeuille.
L'avantage est doublement appréciable pour les contribuables IFI : ils échappent à l'impôt sur les revenus, et leur portefeuille de SCPI ne pèse pas dans leur assiette taxable. Notre article SCPI et IFI : déclaration et optimisation développe les règles d'évaluation et les stratégies applicables.
Aucune obligation déclarative spécifique
Le nu-propriétaire n'a pas de formulaire particulier à remplir au titre de ses parts démembrées, au-delà de leur mention en patrimoine sans valeur imposable. La simplicité administrative s'ajoute aux deux avantages fiscaux précédents.
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Scanner mes SCPILe remembrement : récupérer la pleine propriété sans fiscalité
Au terme du démembrement, un mécanisme juridique appelé remembrement s'opère automatiquement : le nu-propriétaire devient plein propriétaire de ses parts de SCPI. Ce moment est fiscalement neutre grâce à l'article 1133 du Code général des impôts.
L'article 1133 du CGI : le texte fondateur
L'article 1133 du CGI dispose que la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe, dès lors que cette réunion résulte de l'expiration du terme prévu (démembrement temporaire) ou du décès de l'usufruitier (démembrement viager).
« Sous réserve des dispositions de l'article 1020, la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe lorsque cette réunion a lieu par l'expiration du temps fixé pour l'usufruit ou par le décès de l'usufruitier. » Article 1133 du Code général des impôts (Légifrance).
En clair : quand votre démembrement temporaire arrive à son terme, vous récupérez la pleine propriété de vos parts sans payer un euro d'impôt sur l'accroissement de valeur réalisé entre le prix d'achat de la nue-propriété et la valeur de la pleine propriété au moment du remembrement. Un point d'attention : l'article 774 bis du CGI, introduit par la loi de finances pour 2024, déroge à cette exonération pour les seuls quasi-usufruits issus d'une donation de somme d'argent. Il ne concerne pas l'acquisition à titre onéreux de la nue-propriété de parts de SCPI, qui reste pleinement couverte par l'article 1133.
Ce que cela signifie concrètement
Prenons un exemple. Vous achetez la nue-propriété de parts pour 650 euros par part (décote de 35 % sur une pleine propriété à 1 000 euros) pour une durée de dix ans. Au terme, la pleine propriété vaut 1 050 euros après une légère revalorisation. Vous récupérez des parts d'une valeur de 1 050 euros alors que vous n'avez payé que 650 euros.
Cet écart de 400 euros par part, qui correspond à l'accroissement de valeur, n'est soumis à aucune imposition au titre du remembrement. Il n'est imposé ni comme un revenu, ni comme une plus-value immobilière, ni comme un gain en capital.
La plus-value ne sera éventuellement taxée que si vous revendez ensuite vos parts. Le calcul s'effectuera alors entre le prix d'achat initial de la nue-propriété (650 euros) et le prix de revente futur, avec les abattements pour durée de détention applicables aux plus-values immobilières.
La durée de détention pour la plus-value
Point déterminant : la durée de détention retenue pour le calcul des abattements sur plus-value immobilière court dès la date d'acquisition de la nue-propriété, et non à compter du remembrement. Si vous avez détenu la nue-propriété pendant dix ans avant le remembrement, vous bénéficiez immédiatement des abattements correspondant à dix ans de détention si vous revendez juste après. En 2026, le régime applicable reste celui de l'abattement de 6 % par an pour l'impôt sur le revenu de la 6e à la 21e année (exonération totale d'impôt sur le revenu à 22 ans) et de 1,65 % par an pour les prélèvements sociaux (exonération totale à 30 ans), selon Service-Public.fr.
À qui s'adresse le démembrement de SCPI
Le démembrement temporaire de SCPI n'est pas une stratégie universelle. Il répond à des besoins patrimoniaux précis et s'adresse à des profils déterminés.
L'investisseur fortement fiscalisé sans besoin de revenus immédiats
C'est le profil idéal. Un contribuable à TMI de 41 % ou 45 % qui n'a pas besoin de revenus supplémentaires aujourd'hui, mais qui souhaite se constituer un capital immobilier pour dans dix ou quinze ans. En pleine propriété, les revenus de SCPI seraient amputés de 58 % à 62 %. En nue-propriété, aucun impôt pendant la durée, aucune imposition au remembrement.
Le chef d'entreprise en phase de développement
Un dirigeant qui traverse une période de rémunération élevée a intérêt à investir en nue-propriété pour ne pas alourdir sa fiscalité personnelle. Il prépare une sortie partielle de son capital professionnel : au moment où il cède son entreprise et où ses revenus baissent, il devient plein propriétaire de ses SCPI et perçoit alors des revenus à un taux d'imposition plus favorable.
L'investisseur IFI cherchant à réduire son assiette
Un contribuable dont le patrimoine immobilier dépasse le seuil de 1,3 million d'euros peut investir en nue-propriété pour accroître son exposition à l'immobilier indirect sans alourdir son assiette taxable. C'est l'une des rares façons d'augmenter son patrimoine immobilier sans augmenter son IFI.
Le parent souhaitant transmettre
Le démembrement s'opère aussi dans le sens inverse : un parent donne la nue-propriété de ses parts de SCPI à ses enfants tout en conservant l'usufruit, et donc les revenus, sa vie durant. Au décès du donateur, les enfants deviennent pleins propriétaires sans droits de succession à payer sur la nue-propriété déjà transmise. La stratégie de transmission se couple alors à la perception de revenus par le donateur.
Le profil qui ne convient pas
Le démembrement ne convient pas à l'investisseur qui a besoin de revenus immédiats, ni à celui dont l'horizon est incertain. La nue-propriété est une position illiquide pendant la durée : vous ne pouvez pas activer les revenus avant l'échéance, et la revente d'une nue-propriété avant terme reste nettement plus difficile qu'une cession de pleine propriété.
Pour découvrir l'investissement en SCPI de façon plus classique, consultez notre guide Comment investir en SCPI.
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Lancer la simulationExemples chiffrés concrets
Exemple 1 : démembrement de 10 ans sur Iroko Zen
Iroko Zen présente une décote de 34,5 % pour un démembrement de dix ans. Le prix de part en pleine propriété s'établit à 204 euros depuis le 1er août 2025, pour une valeur de reconstitution de 214 euros selon la société de gestion Iroko.
Prix de la nue-propriété : 204 × (1 − 0,345) = 133,62 euros par part. Un investisseur qui achète 100 parts engage donc 13 362 euros.
Sur dix ans, sans percevoir aucun dividende, il ne paie aucun impôt sur le revenu ni prélèvement social. À l'échéance, si le prix de part reste stable à 204 euros, il récupère une pleine propriété valant 20 400 euros. Son gain s'élève à 7 038 euros, soit 53 % de son investissement initial, et n'est pas imposé au titre du remembrement.
Pour comparaison, un investisseur à TMI de 41 % qui aurait placé 13 362 euros en pleine propriété sur dix ans à 5 % brut aurait perçu environ 668 euros de revenus bruts annuels, soit 6 680 euros sur la période. Après imposition à 58,2 %, il n'aurait conservé que 2 792 euros nets. L'écart en faveur de la nue-propriété est donc très significatif.
Exemple 2 : démembrement de 15 ans sur NCap Régions
NCap Régions (ex-Vendôme Régions) affiche une décote d'environ 36 % sur quinze ans. Le prix de part s'élève à 682 euros depuis sa revalorisation de +1,79 % en 2025, selon Norma Capital.
Prix de la nue-propriété : 682 × (1 − 0,36) = 436,48 euros par part. Un investisseur qui engage 50 000 euros acquiert donc 114 parts en nue-propriété (49 758 euros).
Pendant quinze ans, zéro revenu distribué, zéro imposition, et zéro impact IFI si le patrimoine immobilier net est proche du seuil de 1,3 million d'euros. À l'échéance, si le prix de part atteint 700 euros après une revalorisation modérée, l'investisseur récupère 79 800 euros en pleine propriété, soit un gain brut d'environ 30 000 euros non imposé au remembrement.
S'il revend juste après le remembrement, la plus-value imposable se calcule entre son prix d'achat de la nue-propriété et le prix de revente. Avec quinze ans de détention, l'abattement atteint 60 % pour l'impôt sur le revenu (dix ans à 6 % par an) et 16,5 % pour les prélèvements sociaux (dix ans à 1,65 % par an), selon le barème 2026 de Service-Public.fr.
Exemple 3 : comparaison directe pleine propriété et nue-propriété (TMI 30 %)
Hypothèses : 30 000 euros disponibles, SCPI à 5 % brut, durée de dix ans, clé de répartition de 65 % pour la nue-propriété.
En pleine propriété, les revenus annuels bruts s'élèvent à 1 500 euros. L'imposition totale (TMI 30 % plus prélèvements sociaux 17,2 %) atteint 47,2 %, soit 708 euros d'impôt par an. Le revenu net annuel se limite à 792 euros, soit 7 920 euros nets sur dix ans.
En nue-propriété, l'investissement se réduit à 30 000 × 65 % = 19 500 euros. Aucun revenu perçu, aucun impôt payé. Au bout de dix ans, le remembrement porte sur une pleine propriété de 30 000 euros (hypothèse de stabilité). Le gain non imposé atteint 10 500 euros (30 000 moins 19 500 euros investis).
Bilan : 10 500 euros de gain non imposé en nue-propriété contre 7 920 euros nets de revenus en pleine propriété, avec en prime une mise de fonds inférieure (19 500 euros au lieu de 30 000 euros). Les 10 500 euros d'épargne disponibles peuvent par ailleurs être placés sur un autre support pendant la durée du démembrement.
FAQ : SCPI en démembrement
Quelle durée de démembrement choisir pour une SCPI ?
La durée dépend de votre horizon de placement et de votre objectif. Les durées de 7 à 10 ans concentrent l'essentiel des offres, avec une décote de 26 % à 35 % pour la nue-propriété. Une durée de 15 ou 20 ans maximise la décote (jusqu'à 46 %) mais immobilise le capital plus longtemps. Calez systématiquement la durée sur votre besoin de revenus futurs, par exemple votre départ en retraite.
Le démembrement de SCPI est-il imposable au moment du remembrement ?
Non. L'article 1133 du Code général des impôts prévoit que la réunion de l'usufruit à la nue-propriété au terme du démembrement temporaire ne donne ouverture à aucun impôt ni taxe. L'accroissement de valeur entre le prix d'achat de la nue-propriété et la valeur de pleine propriété récupérée n'est jamais imposé au remembrement.
La nue-propriété de SCPI entre-t-elle dans l'assiette de l'IFI ?
Non. Selon l'article 968 du CGI, c'est l'usufruitier qui supporte l'IFI sur la valeur en pleine propriété des biens démembrés. Le nu-propriétaire n'a donc aucune part de SCPI à déclarer à l'Impôt sur la Fortune Immobilière pendant toute la durée du démembrement, même si son patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d'euros.
Peut-on revendre une nue-propriété de SCPI avant le terme ?
Oui, mais c'est plus difficile et moins liquide qu'une cession de pleine propriété. Le marché secondaire de la nue-propriété est étroit et la décote de revente peut être défavorable. Le démembrement temporaire doit être envisagé comme un engagement tenu jusqu'à l'échéance, et non comme un placement liquide.
Quelle décote pour un démembrement de SCPI sur 10 ans en 2026 ?
Sur dix ans, la décote constatée va de 32 % à 35 % selon la SCPI. Début 2026, elle s'établit à 33 % pour Comète (Alderan), 34,5 % pour Iroko Zen (Iroko) et 36 % pour NCap Régions (Norma Capital). Plus le taux de distribution de la SCPI est élevé, plus l'usufruit vaut cher, et donc plus la nue-propriété est décotée.
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Conclusion
La SCPI en démembrement reste l'une des stratégies d'optimisation fiscale et patrimoniale les plus efficaces pour les investisseurs sans besoin de revenus immédiats. Zéro impôt sur le revenu et zéro prélèvement social pendant la durée, zéro IFI, remembrement non imposé grâce à l'article 1133 du CGI : ce triptyque demeure rare parmi les placements immobiliers. Les clés de répartition de 2026 offrent des décotes attractives, de l'ordre de 33 % à 36 % pour un démembrement de dix ans sur les principales SCPI. Le profil idéal est celui d'un contribuable fortement imposé qui prépare ses revenus pour la retraite ou organise la transmission de son patrimoine. La durée et la SCPI choisies doivent impérativement correspondre à votre horizon et à vos objectifs.
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Sources
- Article 1133 du Code général des impôts : remembrement non imposable, Légifrance
- Code civil, articles 578 à 624 (De l'usufruit) : usufruit et nue-propriété, Légifrance
- Article 968 du Code général des impôts : IFI et démembrement, Légifrance
- Calcul de l'IFI : seuil de 1,3 million d'euros, Service-Public.fr, 2026
- Plus-value immobilière des particuliers : abattements pour durée de détention, Service-Public.fr, 2026
- Clés de répartition SCPI en démembrement : fourchettes de marché 2026
- SCPI Comète : prix de part et performance, Alderan, 2026
- SCPI Iroko Zen, investissement en nue-propriété : prix de part et clés de démembrement, Iroko, 2026
- SCPI NCap Régions (ex-Vendôme Régions) : prix de part et taux de distribution, Norma Capital, 2026
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