Principes et fonctionnement du litigation funding
Le litigation funding (ou tiers financement de procédures) désigne un mécanisme par lequel un investisseur tiers finance les frais d'une procédure judiciaire ou arbitrale en échange d'une part des sommes obtenues en cas de victoire. Concrètement, le financeur prend en charge l'ensemble des coûts : honoraires d'avocats, frais d'expertise, émoluments d'arbitres et dépens. En contrepartie, il perçoit un pourcentage des dommages et intérêts obtenus, généralement compris entre 20 et 40 % selon la complexité et la durée du dossier. Ce mécanisme existe depuis plusieurs décennies dans les pays anglo-saxons, et s'implante progressivement en France et en Europe continentale.
Ce mécanisme repose sur un principe fondamental : le non recours. Si la procédure échoue, le financeur supporte seul la perte de son investissement. Le demandeur ne doit rien rembourser. Ce transfert intégral du risque financier constitue la pierre angulaire du modèle et explique la sélectivité extrême des financeurs dans le choix des dossiers. Pour l'entreprise ou le particulier qui porte la procédure, cette garantie signifie qu'il peut engager une action en justice sans mobiliser ses propres ressources financières et sans craindre de devoir assumer les coûts en cas de résultat défavorable.
Le processus de sélection se déroule en deux étapes distinctes. Dans un premier temps, l'équipe d'analyse du fonds examine le fondement juridique du dossier, la qualité des preuves disponibles, la solvabilité du défendeur et le rapport entre les coûts prévisionnels et les gains espérés. Le ratio minimum exigé est généralement de 1 pour 10 : pour chaque million d'euros investi, les dommages et intérêts attendus doivent atteindre au moins dix millions. Cette exigence garantit que le rendement potentiel justifie le risque pris par le financeur. Dans un second temps, un avocat spécialisé ou un arbitre indépendant réalise un audit approfondi (due diligence) avant la signature du contrat. Cet audit porte sur la recevabilité de l'action, la solidité des arguments juridiques, les précédents jurisprudentiels pertinents et les perspectives d'exécution effective du jugement ou de la sentence arbitrale.
Le taux d'acceptation des dossiers reste très faible. Les principaux acteurs du marché ne retiennent qu'environ 5 % des dossiers soumis. Le fonds Juridica, l'un des pionniers du secteur, investissait dans seulement 2,5 % des litiges présentés. Cette sélectivité rigoureuse constitue paradoxalement un atout pour les investisseurs : elle garantit que seuls les dossiers présentant les meilleures probabilités de succès et les rendements potentiels les plus élevés intègrent le portefeuille du fonds. La qualité du filtre d'entrée détermine directement la performance du véhicule d'investissement à maturité.
French Vest accompagne ses clients dans la compréhension de cette classe d'actifs et dans la sélection des véhicules d'investissement les mieux adaptés à leur profil patrimonial. Notre rôle est de fournir une analyse indépendante des offres disponibles sur le marché, en toute neutralité vis à vis des sociétés de gestion, afin que chaque investisseur puisse prendre une décision éclairée.


