Qu'est ce qu'un fonds de royautés musicales ?
Un fonds de royautés musicales est un véhicule d'investissement qui acquiert des catalogues de droits musicaux (droits d'auteur, droits voisins, droits de production) afin de percevoir les redevances générées par l'exploitation de ces œuvres. Selon le rapport RIAA publié en mars 2026, le marché américain de la musique enregistrée a atteint 11,535 milliards USD de revenus wholesale en 2025, dont 82 % proviennent du streaming. Cette dynamique alimente directement les flux de revenus perçus par les véhicules investis dans les catalogues musicaux. French Vest accompagne ses clients dans la sélection et la souscription à ces placements innovants.
Le principe repose sur un mécanisme simple : un véhicule spécialisé rachète les droits patrimoniaux d'un artiste, d'un compositeur ou d'un éditeur musical. Le cédant perçoit immédiatement un prix de vente, tandis que l'acquéreur collecte ensuite les redevances pendant toute la durée de protection des droits. En France, le Code de la Propriété Intellectuelle (CPI) protège les droits d'auteur pendant 70 ans après le décès de l'auteur, ce qui garantit une durée d'exploitation particulièrement longue. Cette protection s'applique uniformément dans l'ensemble de l'Union européenne depuis l'harmonisation par la Directive 2006/116/CE.
Les sources de revenus sont multiples et complémentaires. Les redevances de streaming constituent la première source, avec des plateformes comme Spotify qui a reversé 11 milliards USD à l'industrie musicale en 2025 (source : Spotify Newsroom, janvier 2026). À elle seule, Spotify a versé environ 5 milliards USD aux éditeurs et organisations représentant les auteurs compositeurs au cours des deux dernières années. Les redevances de synchronisation proviennent de l'utilisation de musique dans les films, séries, publicités et jeux vidéo. Les redevances mécaniques sont perçues lors de chaque reproduction physique ou numérique d'un titre. Les redevances de diffusion couvrent les passages radio, télévision et les concerts en direct. Chacune de ces sources fonctionne indépendamment, ce qui crée une diversification naturelle au sein même d'un seul catalogue.
En France, la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique) joue un rôle central dans la collecte et la redistribution de ces droits. La SACEM a collecté 1,610 milliard EUR de droits en 2024, dont plus de 40 % proviennent des revenus numériques (source : Boursorama, mai 2025). Les services de streaming reversent environ 15 % de leurs revenus d'abonnements hors taxes à la SACEM pour redistribution aux ayants droit. Apple Music se distingue comme la plateforme la plus rémunératrice pour les auteurs et compositeurs, tandis que YouTube se situe en bas de l'échelle avec environ 65 EUR de droits bruts par million de streams pour un auteur seul.
La structuration juridique de ces véhicules varie selon les juridictions. Certains opèrent comme des sociétés d'investissement cotées en bourse (Hipgnosis Songs Fund, Round Hill Music), d'autres comme des structures privées réservées aux investisseurs qualifiés (Music Royalties Inc., ICM Crescendo). Des marchés en ligne comme ANote Music, Royalty Exchange et SongVest ont également démocratisé l'accès en proposant des parts de catalogues à partir de quelques centaines d'euros, avec un historique de revenus vérifiable pour chaque catalogue proposé.
La notion de catalogue musical correspond en droit français à une « universalité de fait », c'est à dire un ensemble complexe d'actifs formant une entité juridiquement distincte. Cette qualification permet l'acquisition d'un catalogue par un seul contrat de cession plutôt que par des contrats individuels pour chaque titre, ce qui simplifie considérablement les transactions (source : CNMlab, septembre 2023). Les droits acquis se décomposent en deux grandes familles : les droits d'édition (publishing rights), qui couvrent la composition et les paroles, et les droits master (master rights), qui portent sur l'enregistrement sonore lui même. Un investisseur peut acquérir l'une ou l'autre de ces catégories, ou les deux simultanément, ce qui influence directement le profil de revenus et la valorisation du portefeuille.
Le marché distingue également les catalogues selon leur ancienneté et leur profil de risque. Les catalogues « evergreen » (classiques intemporels des années 1960 à 1990) génèrent des flux stables et prévisibles, portés par la nostalgie et l'usage intensif en synchronisation publicitaire. Le véhicule Round Hill Music a bâti sa stratégie sur ce segment, avec 32 % de rock et 24 % de country dans son portefeuille. À l'opposé, les catalogues contemporains (post 2010) offrent un potentiel de croissance supérieur grâce à l'effet viral des réseaux sociaux, mais présentent un risque de déclin rapide après leur pic de popularité. French Vest recommande une allocation équilibrée entre ces deux segments pour optimiser le couple rendement et stabilité.
Le nombre d'abonnés payants aux services de streaming musical aux États Unis a franchi le seuil des 106,5 millions en 2025, en hausse de 6,5 millions sur un an (RIAA). Cette croissance régulière constitue le socle des revenus récurrents perçus par les détenteurs de catalogues. À l'échelle mondiale, Spotify a versé plus de 70 milliards USD cumulés à l'industrie musicale depuis sa création, dont 11 milliards USD pour la seule année 2025 (Spotify Newsroom, janvier 2026).



