Cloud souverain : pourquoi un nouvel actif patrimonial
L'investissement data center cloud souverain consiste à allouer une partie de son patrimoine financier aux acteurs qui exploitent des infrastructures numériques qualifiées SecNumCloud par l'ANSSI. Ces infrastructures hébergent les données sensibles des administrations et des entreprises françaises, à l'abri des lois extraterritoriales comme le CLOUD Act américain. Quatre véhicules concentrent l'essentiel des flux pour les investisseurs particuliers : les actions cotées d'opérateurs souverains (OVHcloud, Capgemini, Orange, Thales, Dassault Systèmes), les SCPI thématiques exposées aux locaux techniques (Log In, Iroko Atlas), les ETF cloud computing globaux, et les fonds de private equity dédiés aux infrastructures numériques européennes. French Vest accompagne ses clients dans la sélection et la pondération de chacun de ces véhicules.
Le marché européen du cloud souverain pèse 38 milliards EUR en 2026 selon IDC, en hausse de 28 % sur un an. La projection Broadcom anticipe 100 milliards EUR à horizon 2031, soit un taux de croissance annuel moyen supérieur à 20 %. Gartner chiffre quant à lui le marché mondial à 80,4 milliards USD en 2026 (+35,6 %), avec un dépassement attendu de l'Amérique du Nord par l'Europe dès 2027 (23,1 Md USD vs 21,1 Md USD). Cette dynamique repose sur un faisceau de décisions politiques convergentes : la doctrine Cloud au centre de l'État français a généré 84 millions EUR de commandes cloud en 2025 (+62 %), avec 99 % des projets confiés à des fournisseurs européens (source : numerique.gouv.fr). Le Plan France 2030 mobilise 109 milliards EUR pour l'intelligence artificielle et les infrastructures associées, dont un campus souverain de 1,4 GW porté par Bpifrance, NVIDIA et Mistral AI à horizon 2028.
La qualification SecNumCloud 3.2 délivrée par l'ANSSI constitue le moat réglementaire de ce segment. Elle impose 350 critères techniques et organisationnels, dont l'exclusivité d'hébergement en France, l'immunité aux lois extraterritoriales et un capital européen majoritaire à 76 % minimum (source : cyber.gouv.fr). Le référentiel couvre l'ensemble des modèles de service cloud : IaaS, PaaS, SaaS et CaaS. La procédure d'instruction dure 18 à 36 mois selon la maturité de l'acteur, avec audit obligatoire par le LNE ou l'AFNOR, qualification de trois ans et contrôle annuel intermédiaire. À ce jour, OVHcloud (Bare Metal Pod), Outscale (Dassault Systèmes), Cloud Temple, S3NS Premi3ns (Thales et Google Cloud) et Numspot (Docaposte, Dassault Systèmes, Bouygues Telecom, Banque des Territoires) figurent parmi les acteurs qualifiés. Bleu, la co-entreprise Capgemini et Orange opérant Microsoft Azure depuis la France, vise sa qualification au premier semestre 2026.
Pour un investisseur particulier, l'exposition la plus directe passe par l'action OVHcloud (FR0014005HJ9), cotée sur Euronext Paris depuis octobre 2021. Le titre s'établit autour de 14,20 EUR mi 2025, en progression de 158 % sur douze mois glissants (source : BFM Bourse), surperformant largement son secteur (à 8 %) et l'indice STOXX 600 (+5,7 %). Le chiffre d'affaires 2025 atteint 1,05 milliard EUR, en croissance de 11 % sur un an, avec un objectif FY2026 de croissance organique de 5 à 7 %. Les SCPI logistique et infrastructure offrent un véhicule alternatif : la SCPI Log In gérée par Theoreim affiche un taux de distribution de 6,21 % en 2025 et une performance globale annuelle de 8,21 % (revalorisation incluse), avec une exposition explicite aux data centers, locaux techniques et plateformes logistiques européennes. Le prix de part s'établit à 255 EUR, accessible dès une ligne.
L'effet de cliquet politique renforce la thèse. France Travail a annoncé en février 2026 le basculement de son back office principal d'AWS vers OVHcloud, sur un contrat de 45 millions EUR sur cinq ans. EDF et Dassault Aviation ont choisi Bleu pour leur cloud sensible. SAP rendra ses suites S/4 et BTP disponibles en versions souveraines Bleu et S3NS d'ici 2027. Cette dynamique de contrats structurants alimente les carnets de commandes des opérateurs qualifiés sur les trois à cinq ans à venir. French Vest traduit cette thèse en allocations patrimoniales calibrées par enveloppe fiscale.



